mercredi 31 décembre 2014

L’Oubli du Pape : la femme et le féminin de l’Être... - GARRIGUES ET SENTIERS

L'Oubli du Pape : la femme et le féminin de l'Être... - GARRIGUES ET SENTIERS
L'Oubli du Pape : la femme et le féminin de l'Être...

J'ai tant attendu, tant espéré en suite à l'article proposé par G&S il y a quelques jours de cela (Du vitriol de François pour la Curie romaine, publié le 23 Décembre 2014) que quelqu'un se manifeste, en parle...

Un homme peut-être me disais-je dans le secret de mon cœur… Mais aucun mouvement sur le blog, même pas le doux murmure d'une brise légère… Et pourtant… Il est vrai que je suis un peu timide, surtout quand il faut parler de ces sujets là... Mais ce soir c'est trop fort, je ressens une voix qui me dit « ose Caroline, ose parler de ce qui blesse ton cœur et qui blesse le cœur de nombreuses femmes depuis tant d'années ».

Quel oubli de la part de notre pape ! Oui les amis, il y a une autre maladie gravissime dont souffre la Curie romaine… : l'oubli des femmes… Le non accueil de la femme et du féminin de l'Être.

Certes, doucement les femmes prennent de plus en plus conscience qu'elles ont la possibilité et la responsabilité de repenser les textes afin de les enrichir d'une interprétation féminine. Et cela peut être une grande chance et une force supplémentaire pour les religions, notamment dans leur travail et leur engagement pour la paix.

Toutes les religions sont imprégnées et dominées par un regard masculin ; pourquoi les femmes de toutes religions ne pourraient-elles pas s'engager dans de nouvelles voies d'interprétation et d'expression ? Je me ressens fatiguée de ce regard un peu borgne, de cette façon un peu bancale et boiteuse d'appréhender le Réel…

Il n'y a que des hommes au Vatican, pouvons-nous savoir pourquoi ? Il n'y a que des hommes prêtres et célébrants dans l'Eglise Romaine, pouvons-nous savoir pourquoi ? Si le masculin reste dans un monologue de l'égo c'est toute une fermeture au Réel. Peut-être pouvons-nous avoir l'humilité de le reconnaître et ouvrir large et grand nos bras, nos cœurs, nos psychismes, nos esprits vers le féminin…

J'ai relu les jours derniers deux auteurs qui parlent très bien de cette difficulté et qui pourraient ainsi inspirer nos réflexions des jours à venir…

Voici en partage quelques extraits…

« À l'époque de Yeshoua, les rabbins ne s'adressaient qu' à des hommes, il n'y avait pas de transmission de la Thorah à des femmes, et c'est donc là un sujet d'étonnement pour ses propres disciples. Yeshoua s'adresse avant tout à des personnes quels que soient leur sexe, leur milieu social, leur origine, leur race… mais ce n'est pas par provocation qu'il s'adresse plus particulièrement à des femmes pour transmettre les aspects les plus importants de son enseignement ; sans doute est-ce le féminin (chez les deux sexes) qui est le plus apte à recevoir et à comprendre les messages du Verbe (Logos) et à se laisser féconder par lui. Yeshoua révèle à la femme adultère que c'est la miséricorde qui est au cœur de la justice et que le Dieu qu'il incarne est cette miséricorde… Ensuite il y a la rencontre de la femme de Samarie à qui Yeshoua révèle que la vraie religion ne dépend pas d'un lieu saint ou d'un temple. Quand Yeshoua veut indiquer à quelqu'un le chemin vers l'expérience de Dieu, il ne le conduit pas dans une église, il ne lui fait pas lire un texte considéré comme sacré, il l'invite à entrer dans la conscience de son Souffle, à prier : en pneumati kai aletheia : dans le souffle (pneuma) et la vigilance (a-lethè : hors de la léthargie)…

Enfin vient la révélation de « l'Amour plus fort que la mort »… De nouveau, c'est à une femme que sont transmis ce secret et cette certitude : à Myriam de Magdala, la première à l'avoir vu ressuscité. L'Évangile de Marie précisera par ailleurs comment la vision d'un corps ressuscité peut être possible.

Trois femmes archétypes qui symbolisent trois lieux d'accueil de la transcendance dans l'être humain :

- transcendance de la miséricorde au cœur de la justice ;
- transcendance de la prière dans le Souffle et la vigilance, par rapport à toutes les formes de cultes ou de religions institués ;
- transcendance de l'Amour, la seule puissance qui intègre et n'est pas arrêtée par la mort.

Le Logos se révèle à cette dimension silencieuse et contemplative de l'être humain, il s'adresse au féminin de l'homme comme à celui de la femme.

Le contact avec la dimension spirituelle de l'être passe à travers la réconciliation avec notre féminin.

Chacun, lorsqu'il descend dans les profondeurs féminines de son être, peut avoir ce triple pressentiment évoqué dans les évangiles :

- pressentiment de la miséricorde,
- pressentiment de la liberté que donne la véritable prière à l'égard de toutes les formes instituées,
- pressentiment que c'est l'Amour plutôt que la mort qui aura le denier mot.

C'est dans ce triple pressentiment que le Logos se fait chair, qu'il s'incarne dans ce qu'on pourrait appeler des « matrices de reconnaissance ». En intériorisant certains textes des évangiles on pourrait également comprendre que lorsque le Christ demande à Myriam de Magdala d'aller annoncer la bonne nouvelle de la Résurrection à ses frères, c'est à l'intuition de s'adresser à la raison

Les conflits entre Pierre et Marie sont l'écho extérieur que chacun peut vivre à l'intérieur de lui-même, entre ses côtés féminin et masculin, entre ce pressentiment intuitif d'une réalité qui déborde de ce que l'analyse peut saisir et contenir de ce même Réel. Il y a des vérités qui ne peuvent être saisies que par le silence et par la dépossession de toute volonté de prendre et de comprendre. « Il ne faut pas séparer ce que Dieu a uni » : l'homme et la femme, la raison et l'intuition, l'Orient et l'occident et leurs différentes façons d'appréhender l'unique réel.

Le but de l'enseignement de Yeshoua, c'est l'Anthropos, l'intégration des polarités… L'archétype de Marie-Madeleine nous conduit vers l'Anthropos, qui est intégration des qualités masculines et féminines, non leur opposition ou leur destruction.

Marie-Madeleine nous montre une femme qui intègre sa dimension masculine en devenant capable de parole et d'argumentation (face à Pierre par exemple), sans perdre ses qualités féminines, ses qualités esthétiques (les cheveux, le corps), émotionnelles (les larmes) et intuitives ou noétiques (les visions).

Homme ou femme nous avons à devenir des êtres humains, des Anthropos, c'est à cela que nous invitent les Evangiles, à faire le deux un, à fonctionner avec les deux hémisphères de notre cerveau, sans que la perspective de l'un l'emporte sur l'autre.

La guerre des sexes commence dans notre cerveau, et peut être que toutes les autres guerres en découlent. Sortir de nos fonctionnements prédateurs ou séducteurs implique une révolution qui ne soit pas uniquement sexuelle mais cérébrale : ce que les Évangiles appellent une métanoïa, passage à une intelligence du réel non duelle, c'est-à-dire à un fonctionnement du cerveau non binaire (Les profondeurs oubliées du christianisme par Jean Yves Leloup, extraits du chapitre 3).

Je voudrais encore citer une autre auteure : « Pour moi, le sacerdoce propre à la Femme est intimement lié au Cœur, qui lui inspire une parole visionnaire. Certes, on s'est moqué de la Pythie, inspirée par Apollon et mâchant du laurier, on a douté des Sibylles à l'allure libre et au regard lointain, on a insulté Cassandre à la lucidité dérangeante ; certes, au cours des siècles, toutes les femmes qui délivraient une parole divinatoire ou inspirée, qui étaient gratifiées de visions ou d'extases, furent considérées comme des magiciennes, des sorcières maléfiques, puis des malades mentales : elles étaient juste bonnes à être brûlées, exorcisées, ou enfermées dans un asile. Dure, éprouvante, s'avère la mission prophétique de la Femme dans le monde méfiant, rivé aux réalités tangibles, et face à des hommes garants de la Loi et imbus de Savoir. C'est pourquoi la plupart des femmes y renoncent, préférant se taire et rester dans le rang, dans la foule des croyants anonymes et gentilles servantes du Seigneur.

Mais voici le nouveau, l'inouï : la Femme est prophétesse non de malheur, mais d'amour. Le Cœur qui désigne son sacerdoce n'a rien à voir avec l'affectivité ou la sentimentalité auxquelles on réduit trop souvent la nature féminine : il est le lieu des révélations intérieures, de la connaissance spirituelle inséparable de l'amour, il communique avec le monde invisible. Le Cœur n'est pas gentil ni mièvre : il est puissant, ardent, visionnaire.

Et c'est alors que je m'afflige, parce que tant de femmes, qui sentent en elles la puissance débordante de l'amour, se contentent dans l' Eglise de rôles subalternes, de prières murmurées, d'un silence d'acquiescement ou de résignation ; parce qu'elles se croient indignes, incapables de parler, de témoigner du Souffle.

D'un autre côté, si je considère l'attitude séculaire, volontiers arrogante, du clergé catholique qui suspecte ou étouffe toute parole féminine inspirée, amoureuse soit en raison d'une théologie influencée par l'intellectualisme aristotélicien, soit par misogynie héritée de divers Pères de l'Eglise et d'abord de l'apôtre Paul, je me dis qu'une femme n'a à présent d'autre choix que de servir en se taisant ou d'abandonner les lieux de la pratique d'une telle religion…

Le cérébralisme est rassurant mais desséchant. Il empêche l'élan, la ferveur, glace toute imagination et l'approche symbolique. Il ordonne et maîtrise, redoutant tout bouleversement… Il se méfie du corps et de l'amour, en ses gestes et langage, lui paraît inquiétant et impie. Voilà pourquoi Simon le pharisien injurie et chasse  l'Amoureuse au vase de parfum dont l'attitude, dans son univers confiné, lui semble si peu convenable, si troublante aussi. Or, la mission dévolue à la femme est de déborder la loi, la lettre, les conventions, par un flot d'amour ; ou encore de les irriguer par le flux de l'Esprit. Le grand adversaire des hommes confits en religion, tel Simon,  n'est autre que le corps soyeux des femmes. Mais Jésus reçoit l'hommage de l'Amoureuse et devant l'assistance éberluée, prend sa défense.

Aujourd'hui, la mission de la Femme dans l'Église de Rome consiste, je ne crains pas de le dire, à sauver la religion du formalisme, de l'intellectualisme et des structures dans lesquels elle s'enferme et par lesquels elle croit régner sur les esprits. Elle consiste à faire entendre le chant du Cœur, tel le formidable bruissement d'ailes des quatre Vivants qu'entendit Ézéchiel, à vivifier de l'intérieur un message qui paraît essoufflé, usé par un clergé qui le répète sans le vivre. Elle a à sauver de l'extériorité une doctrine autant qu'une pratique, qui deviennent lettre morte et conduite hypocrite si le désir et la saveur font défaut, si l'amour est absent. Autant dire que la femme a à transmettre l'intransmissible, à témoigner de l'inouï. Rude tâche face à des cerveaux prudents, à des regards moqueurs. Marie de Magdala, la première, en fit la douloureuse expérience au matin de la Pâque, lorsqu'elle revint annoncer l'incroyable nouvelle aux apôtres prostrés. Relisons l'Evangile selon saint Marc, qui rapporte cette scène capitale : Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. Celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été leurs compagnons et qui étaient dans le deuil et les larmes. Eux, l'entendant dire qu'il vivait et qu'elle l'avait vu, ne la crurent pas (Marc 16, 9). Rarement les femmes sont prises au sérieux, surtout lorsqu'il s'agit de choses sérieuses… (Lettre d'une Amoureuse à l'adresse du Pape, de Jacqueline Kelen p 19 à 24, extraits)

Plus que des réflexions ou de la littérature il y a peut-être dans les extraits de ces deux livres écrits l'un par une femme, l'autre par un homme, une très ancienne mémoire ou une urgente prophétie ; l'esquisse d'un autre christianisme ou d'une autre humanité…

L'Oubli du Pape : la femme et le féminin de l'Être...

Un avenir… En devenir ?

Caroline de Candia
Trois Épis

L'illustration est un tableau de Charles Courtney Curran : Les lanternes… J'aime cette femme encore dans l'ombre, pas tout à fait dans le jour, qui tient sa lampe allumée…



Envoyé de mon Ipad 

L’Oubli du Pape : la femme et le féminin de l’Être... - GARRIGUES ET SENTIERS

L'Oubli du Pape : la femme et le féminin de l'Être... - GARRIGUES ET SENTIERS
L'Oubli du Pape : la femme et le féminin de l'Être...

J'ai tant attendu, tant espéré en suite à l'article proposé par G&S il y a quelques jours de cela (Du vitriol de François pour la Curie romaine, publié le 23 Décembre 2014) que quelqu'un se manifeste, en parle...

Un homme peut-être me disais-je dans le secret de mon cœur… Mais aucun mouvement sur le blog, même pas le doux murmure d'une brise légère… Et pourtant… Il est vrai que je suis un peu timide, surtout quand il faut parler de ces sujets là... Mais ce soir c'est trop fort, je ressens une voix qui me dit « ose Caroline, ose parler de ce qui blesse ton cœur et qui blesse le cœur de nombreuses femmes depuis tant d'années ».

Quel oubli de la part de notre pape ! Oui les amis, il y a une autre maladie gravissime dont souffre la Curie romaine… : l'oubli des femmes… Le non accueil de la femme et du féminin de l'Être.

Certes, doucement les femmes prennent de plus en plus conscience qu'elles ont la possibilité et la responsabilité de repenser les textes afin de les enrichir d'une interprétation féminine. Et cela peut être une grande chance et une force supplémentaire pour les religions, notamment dans leur travail et leur engagement pour la paix.

Toutes les religions sont imprégnées et dominées par un regard masculin ; pourquoi les femmes de toutes religions ne pourraient-elles pas s'engager dans de nouvelles voies d'interprétation et d'expression ? Je me ressens fatiguée de ce regard un peu borgne, de cette façon un peu bancale et boiteuse d'appréhender le Réel…

Il n'y a que des hommes au Vatican, pouvons-nous savoir pourquoi ? Il n'y a que des hommes prêtres et célébrants dans l'Eglise Romaine, pouvons-nous savoir pourquoi ? Si le masculin reste dans un monologue de l'égo c'est toute une fermeture au Réel. Peut-être pouvons-nous avoir l'humilité de le reconnaître et ouvrir large et grand nos bras, nos cœurs, nos psychismes, nos esprits vers le féminin…

J'ai relu les jours derniers deux auteurs qui parlent très bien de cette difficulté et qui pourraient ainsi inspirer nos réflexions des jours à venir…

Voici en partage quelques extraits…

« À l'époque de Yeshoua, les rabbins ne s'adressaient qu' à des hommes, il n'y avait pas de transmission de la Thorah à des femmes, et c'est donc là un sujet d'étonnement pour ses propres disciples. Yeshoua s'adresse avant tout à des personnes quels que soient leur sexe, leur milieu social, leur origine, leur race… mais ce n'est pas par provocation qu'il s'adresse plus particulièrement à des femmes pour transmettre les aspects les plus importants de son enseignement ; sans doute est-ce le féminin (chez les deux sexes) qui est le plus apte à recevoir et à comprendre les messages du Verbe (Logos) et à se laisser féconder par lui. Yeshoua révèle à la femme adultère que c'est la miséricorde qui est au cœur de la justice et que le Dieu qu'il incarne est cette miséricorde… Ensuite il y a la rencontre de la femme de Samarie à qui Yeshoua révèle que la vraie religion ne dépend pas d'un lieu saint ou d'un temple. Quand Yeshoua veut indiquer à quelqu'un le chemin vers l'expérience de Dieu, il ne le conduit pas dans une église, il ne lui fait pas lire un texte considéré comme sacré, il l'invite à entrer dans la conscience de son Souffle, à prier : en pneumati kai aletheia : dans le souffle (pneuma) et la vigilance (a-lethè : hors de la léthargie)…

Enfin vient la révélation de « l'Amour plus fort que la mort »… De nouveau, c'est à une femme que sont transmis ce secret et cette certitude : à Myriam de Magdala, la première à l'avoir vu ressuscité. L'Évangile de Marie précisera par ailleurs comment la vision d'un corps ressuscité peut être possible.

Trois femmes archétypes qui symbolisent trois lieux d'accueil de la transcendance dans l'être humain :

- transcendance de la miséricorde au cœur de la justice ;
- transcendance de la prière dans le Souffle et la vigilance, par rapport à toutes les formes de cultes ou de religions institués ;
- transcendance de l'Amour, la seule puissance qui intègre et n'est pas arrêtée par la mort.

Le Logos se révèle à cette dimension silencieuse et contemplative de l'être humain, il s'adresse au féminin de l'homme comme à celui de la femme.

Le contact avec la dimension spirituelle de l'être passe à travers la réconciliation avec notre féminin.

Chacun, lorsqu'il descend dans les profondeurs féminines de son être, peut avoir ce triple pressentiment évoqué dans les évangiles :

- pressentiment de la miséricorde,
- pressentiment de la liberté que donne la véritable prière à l'égard de toutes les formes instituées,
- pressentiment que c'est l'Amour plutôt que la mort qui aura le denier mot.

C'est dans ce triple pressentiment que le Logos se fait chair, qu'il s'incarne dans ce qu'on pourrait appeler des « matrices de reconnaissance ». En intériorisant certains textes des évangiles on pourrait également comprendre que lorsque le Christ demande à Myriam de Magdala d'aller annoncer la bonne nouvelle de la Résurrection à ses frères, c'est à l'intuition de s'adresser à la raison

Les conflits entre Pierre et Marie sont l'écho extérieur que chacun peut vivre à l'intérieur de lui-même, entre ses côtés féminin et masculin, entre ce pressentiment intuitif d'une réalité qui déborde de ce que l'analyse peut saisir et contenir de ce même Réel. Il y a des vérités qui ne peuvent être saisies que par le silence et par la dépossession de toute volonté de prendre et de comprendre. « Il ne faut pas séparer ce que Dieu a uni » : l'homme et la femme, la raison et l'intuition, l'Orient et l'occident et leurs différentes façons d'appréhender l'unique réel.

Le but de l'enseignement de Yeshoua, c'est l'Anthropos, l'intégration des polarités… L'archétype de Marie-Madeleine nous conduit vers l'Anthropos, qui est intégration des qualités masculines et féminines, non leur opposition ou leur destruction.

Marie-Madeleine nous montre une femme qui intègre sa dimension masculine en devenant capable de parole et d'argumentation (face à Pierre par exemple), sans perdre ses qualités féminines, ses qualités esthétiques (les cheveux, le corps), émotionnelles (les larmes) et intuitives ou noétiques (les visions).

Homme ou femme nous avons à devenir des êtres humains, des Anthropos, c'est à cela que nous invitent les Evangiles, à faire le deux un, à fonctionner avec les deux hémisphères de notre cerveau, sans que la perspective de l'un l'emporte sur l'autre.

La guerre des sexes commence dans notre cerveau, et peut être que toutes les autres guerres en découlent. Sortir de nos fonctionnements prédateurs ou séducteurs implique une révolution qui ne soit pas uniquement sexuelle mais cérébrale : ce que les Évangiles appellent une métanoïa, passage à une intelligence du réel non duelle, c'est-à-dire à un fonctionnement du cerveau non binaire (Les profondeurs oubliées du christianisme par Jean Yves Leloup, extraits du chapitre 3).

Je voudrais encore citer une autre auteure : « Pour moi, le sacerdoce propre à la Femme est intimement lié au Cœur, qui lui inspire une parole visionnaire. Certes, on s'est moqué de la Pythie, inspirée par Apollon et mâchant du laurier, on a douté des Sibylles à l'allure libre et au regard lointain, on a insulté Cassandre à la lucidité dérangeante ; certes, au cours des siècles, toutes les femmes qui délivraient une parole divinatoire ou inspirée, qui étaient gratifiées de visions ou d'extases, furent considérées comme des magiciennes, des sorcières maléfiques, puis des malades mentales : elles étaient juste bonnes à être brûlées, exorcisées, ou enfermées dans un asile. Dure, éprouvante, s'avère la mission prophétique de la Femme dans le monde méfiant, rivé aux réalités tangibles, et face à des hommes garants de la Loi et imbus de Savoir. C'est pourquoi la plupart des femmes y renoncent, préférant se taire et rester dans le rang, dans la foule des croyants anonymes et gentilles servantes du Seigneur.

Mais voici le nouveau, l'inouï : la Femme est prophétesse non de malheur, mais d'amour. Le Cœur qui désigne son sacerdoce n'a rien à voir avec l'affectivité ou la sentimentalité auxquelles on réduit trop souvent la nature féminine : il est le lieu des révélations intérieures, de la connaissance spirituelle inséparable de l'amour, il communique avec le monde invisible. Le Cœur n'est pas gentil ni mièvre : il est puissant, ardent, visionnaire.

Et c'est alors que je m'afflige, parce que tant de femmes, qui sentent en elles la puissance débordante de l'amour, se contentent dans l' Eglise de rôles subalternes, de prières murmurées, d'un silence d'acquiescement ou de résignation ; parce qu'elles se croient indignes, incapables de parler, de témoigner du Souffle.

D'un autre côté, si je considère l'attitude séculaire, volontiers arrogante, du clergé catholique qui suspecte ou étouffe toute parole féminine inspirée, amoureuse soit en raison d'une théologie influencée par l'intellectualisme aristotélicien, soit par misogynie héritée de divers Pères de l'Eglise et d'abord de l'apôtre Paul, je me dis qu'une femme n'a à présent d'autre choix que de servir en se taisant ou d'abandonner les lieux de la pratique d'une telle religion…

Le cérébralisme est rassurant mais desséchant. Il empêche l'élan, la ferveur, glace toute imagination et l'approche symbolique. Il ordonne et maîtrise, redoutant tout bouleversement… Il se méfie du corps et de l'amour, en ses gestes et langage, lui paraît inquiétant et impie. Voilà pourquoi Simon le pharisien injurie et chasse  l'Amoureuse au vase de parfum dont l'attitude, dans son univers confiné, lui semble si peu convenable, si troublante aussi. Or, la mission dévolue à la femme est de déborder la loi, la lettre, les conventions, par un flot d'amour ; ou encore de les irriguer par le flux de l'Esprit. Le grand adversaire des hommes confits en religion, tel Simon,  n'est autre que le corps soyeux des femmes. Mais Jésus reçoit l'hommage de l'Amoureuse et devant l'assistance éberluée, prend sa défense.

Aujourd'hui, la mission de la Femme dans l'Église de Rome consiste, je ne crains pas de le dire, à sauver la religion du formalisme, de l'intellectualisme et des structures dans lesquels elle s'enferme et par lesquels elle croit régner sur les esprits. Elle consiste à faire entendre le chant du Cœur, tel le formidable bruissement d'ailes des quatre Vivants qu'entendit Ézéchiel, à vivifier de l'intérieur un message qui paraît essoufflé, usé par un clergé qui le répète sans le vivre. Elle a à sauver de l'extériorité une doctrine autant qu'une pratique, qui deviennent lettre morte et conduite hypocrite si le désir et la saveur font défaut, si l'amour est absent. Autant dire que la femme a à transmettre l'intransmissible, à témoigner de l'inouï. Rude tâche face à des cerveaux prudents, à des regards moqueurs. Marie de Magdala, la première, en fit la douloureuse expérience au matin de la Pâque, lorsqu'elle revint annoncer l'incroyable nouvelle aux apôtres prostrés. Relisons l'Evangile selon saint Marc, qui rapporte cette scène capitale : Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. Celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été leurs compagnons et qui étaient dans le deuil et les larmes. Eux, l'entendant dire qu'il vivait et qu'elle l'avait vu, ne la crurent pas (Marc 16, 9). Rarement les femmes sont prises au sérieux, surtout lorsqu'il s'agit de choses sérieuses… (Lettre d'une Amoureuse à l'adresse du Pape, de Jacqueline Kelen p 19 à 24, extraits)

Plus que des réflexions ou de la littérature il y a peut-être dans les extraits de ces deux livres écrits l'un par une femme, l'autre par un homme, une très ancienne mémoire ou une urgente prophétie ; l'esquisse d'un autre christianisme ou d'une autre humanité…

L'Oubli du Pape : la femme et le féminin de l'Être...

Un avenir… En devenir ?

Caroline de Candia
Trois Épis

L'illustration est un tableau de Charles Courtney Curran : Les lanternes… J'aime cette femme encore dans l'ombre, pas tout à fait dans le jour, qui tient sa lampe allumée…



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mercredi 17 décembre 2014

Les femmes syriennes esclaves sexuelles de l’Etat Islamique

Les femmes syriennes esclaves sexuelles de l'Etat Islamique

http://www.wukali.com/Les-femmes-syriennes-esclaves-sexuelles-de-l-Etat-Islamique-1874#.VJGmcYQN8
16/12/2014-Les femmes syriennes esclaves sexuelles de l'Etat Islamique

Lors de la session du Conseil de Sécurité qui s'est tenue Lundi 15 décembre, Valérie Amos, Sous-secrétaire générale des Nations-Unies pour les affaires humanitaire et les secours d'urgence, a indiqué que depuis juillet« la situation des femmes syriennes au main de l'État Islamique ( Daesh داعش avait empiré »

Elle a décrit comment des jeunes femmes dont des fillettes n'ayant pas même 12 ans, sont réduites en esclavage et abusées sexuellement. Des femmes ont été capturées comme esclaves par Daesh et vendues sur les marchés de Raqqa (الرقة) ( à 160kms d'Alep au nord est de Damas, cette ville fut la première à tomber en mars 2013 dans le giron de l'organisation islamique fanatique). Quelques unes d'entre elles ont été vendues à des hommes seuls. La majorité des autres sont claustrées dans des taules et subissent de multiples viols par les sbires de Daesh revenant du combat et qui assouvissent ainsi leurs délires.

« Des réfugiés Kurdes de Kobani ont rapporté la capture de fillettes âgées de 12ans par l'État Islamique pour servir d'esclaves sexuelles ».

Valérie Amos a aussi déclaré constater une augmentation du nombre des mariages forcés, cela est en partie la conséquence de la diminution des ressources économiques des familles et plus récemment au fait que les parents sont terrifiés que leurs filles puissent être contraintes de se marier avec des combattants de l'État islamique dans les zones sous leur contrôle.

Valérie Amos qualifie ces faits comme des actes de guerre : « l'État Islamique a fait de très nombreuses victimes, on ne compte plus les meurtres, la réduction des civils à l'esclavage, les viols, les déplacements forcés et la torture, il s'est aussi dérobé à ses obligations envers les populations civiles ».

Depuis la résolution 2139 du Conseil de sécurité de Février sur la situation en Syrie aucun progrès dans le domaine de la défense des droits de l'homme n'a été constaté.

La communauté internationale reste indifférente sur ce qui passe en Syrie, 200. 000 morts pour le moins. Les minorités chrétiennes en Syrie ou Yézidis en Irak sont pourchassées et contraintes pour les plus chanceuses à l'exil, elles-mêmes qui depuis plus de 2000 ans (Chrétiens d'Orient), ou plus de 4000 ans (les Yézidis issus de la tradition zoroastrienne), vivaient sur leurs terres ancestrales.

La rivalité et la haine pluri-séculaire entre sunnites et chiites (c'est un des éléments essentiels, mais loin d'être le seul pour comprendre ce conflit), c'est aussi un aspect de cette guerre intestine d'essence religieuse, qui sourd au sein de ces deux courants de l'Islam historique.

La litanie des atrocités commises par les Islamistes est abominable, leur simple évocation est insupportable et renvoie aux pires monstruosités commises en des siècles d'horreur pas les Mongols. Le Djihadisme est devenu une expression qui se passe dorénavant de dictionnaire. Des jeunes vivant en Europe ou aux USA, aux itinéraires déroutants pour les uns ou décérébrés pour d'autres tentent de franchir les frontières de leurs pays pour combattre sous le drapeau noir et assassin de l'Etat Islamique.

La désinformation et le lavage de cerveau vont bon train sur Internet et les mises en scène d'exécutions, les têtes coupées, les otages occidentaux prisonniers mis à mort, servent de matériau de propagande à un Islam fanatisé, hystérique et malade. YouTube ou d'autres réseaux sociaux spécialisés dans le Djihad, saigne des massacres atroces, des décapitations et mises à mort exécutées par Daesh en Syrie. Là on décapite comme on fauche, on mitraille comme on sème et un ennemi a moins de valeur qu'une mauvaise herbe qu'on arrache. La vie d'un femme dans les zones sous la coulpe de l'État islamique ne vaut pas chère, entre 35 et 138€. Des bordels souvent contrôlés par des jeunes femmes djihadistes venues d'Europe -mères maquerelles sous burqua noire- offrent en Syrie pour le repos du guerrier revenu du champ de bataille le front ceint du bandeau, des esclaves sexuelles prisonnières, violentées, malmenées, brutalisées, déshumanisées par leurs bourreaux et abandonnées à leur funeste destin.

Rares sont les images de ces abominations diffusées par les médias. Article du Daily Mail (G-B). (Attention les images sont dures !)

Dans la rue à Paris comme à Londres ou New-York, on vaque inconscient à ses préoccupations du quotidien en attendant de célébrer Noël ou de fêter le Nouvel An. Aux caisses des super-marchés on patiente pour payer et l'on fait la queue...

Pierre-Alain Lévy


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200 soldats syriens de la base aérienne de Tabqua massacrés par les Djihadistes de Daesh (ISIS). 28 août 2014. http://www.thegatewaypundit.com/2014/09/breaking-isis-releases-video-of-tabqa-massacre-200-syrian-soldier-stripped-slaughtered-in-desert/

Illustration de l'entête : femme syrienne


WUKALI 16/12/2014




Envoyé de mon Ipad 

samedi 6 décembre 2014

L’appel au djihad du sexe

L'appel au djihad du sexe

Les militants de Daesh, le sigle arabe pour désigner l'EILL, ont lancé une véritable campagne médiatique pour recruter des femmes à la cause du jihad. On trouve sur le web des account Twitter et des pages de Facebook de plus en plus nombreux, en arabe mais aussi en anglais, qui invitent les musulmanes (et pas elles seulement) à entreprendre ce que l'on appelle le « jihâd al-nikâh », le jihâd du sexe. Jihad Matchmakers est l'une des nombreuses adresses Twitter qui se proposent « d'aider les frères et les sœurs qui vivent en Syrie à trouver l'épouse halâl [en arabe, licite] ». Ouvert le 4 septembre dernier, il a atteint en très peu de temps plus de 300 followers. « Veux-tu épouser un jihadiste en Syrie? Veux-tu épouser une femme-martyre ? Écris-nous en précisant ton âge, ta langue et ton état-civil, et puis invoque le Clément. Dieu est le plus généreux ! » peut-on lire sur l'un des accounts.

Une fois arrivées sur place, outre le fait de se donner en mariage aux militants de l'EILL, aux hommes de l'armée libre syrienne ou de Jabhat al-Nusra, on demande aux femmes jihadistes d'autres services, comme soigner les blessés, cuisiner, faire circuler sur les social networks les nouvelles du front jihadiste. Mais ce n'est pas tout : une jihadiste doit aussi savoir manier les armes. Toutes ces compétences, les femmes les acquièrent à leur arrivée dans le califat, en participant aux programmes d'entrainement qui leur sont réservés, comme ceux qu'offre la « Fondation al-Zawrâ' pour l'activité médiatique ». Voulue par le calife pour entrainer les nouvelles arrivées, sous la supervision attentive des vétéranes du jihad, la Fondation al-Zawrâ' peut vanter un certain succès : un mois après son inauguration, la page Facebook enregistre plus de 500 « j'aime » et Twitter a déjà 3 000 followers. Parmi les arguments partagés sur le web, les instructions pour préparer les rations alimentaires, une lettre dédiée aux mères et aux épouses des jihadistes, un article contenant les indications pour les femmes désireuses de s'enrôler.

Mais qui a rendu licite le jihad du sexe ? Difficile de le dire : c'est une question plutôt controversée qui alimente depuis plusieurs mois désormais le débat au sein du monde musulman, et dont la presse arabe se fait l' écho. La notion de jihâd al-nikâh serait apparue pour la première fois en mars 2013 sur l'account Twitter du prêcheur saoudite Muhammad al-'Arîfî, imam de la mosquée de l'Académie roi Fahd de la marine militaire saoudite. La fatwa qui rendait cette pratique licite disait : « La loi permet aux musulmanes qui ont plus de 14 ans, aux femmes divorcées et aux veuves, de contracter le mariage à heures avec les mujâhiddin syriens. Ce mariage, de la durée de quelques heures pour permettre aussi à d'autres mujâhiddin de se marier, rend les combattants plus forts. Par conséquent, pour les femmes qui s'offrent, le Paradis est assuré ». La nouvelle de la fatwa a toutefois suscité la réaction immédiate du prêcheur saoudite qui a nié en être l'auteur, et a expliqué à sa décharge avoir été victime d'un hacker qui lui aurait volé son profil et twitté à son insu la fatwa en question. Par la suite, la nouvelle de la fatwa aurait été diffusée d'abord sur la chaîne syrienne pro-gouvernementale « al-Jadîd », puis sur les chaines des télévisions libanaises du Hezbollah et de Harakah Amal, sur Dawlah al-Qanûn, proche du président irakien Nurî al-Mâlikî, et enfin sur des chaines appartenant à des personnalités religieuses pro-iraniennes du Koweït.

Selon le quotidien égyptien indépendant Al-Yaum al-Sabi', cette première fatwa aurait été suivie de plusieurs autres, toutes formulées dans les milieux salafistes. Le prêcheur wahhabite Marwân al-Hamad aurait émis une fatwa qui rend licite le mariage à heures d'une femme mariée à l'insu de son mari : « Il est permis à la combattante qui entreprend le jihad sur le sentier de Dieu d'épouser un autre homme à l'insu de son mari pour ne pas blesser les sentiments de ce dernier. Mais dans le cas où le mari accepte que sa femme épouse un combattant, alors il n'y a pas de problème et la femme peut le porter à connaissance de son mariage. Dieu, qui est grand et puissant, purifiera son action ».

Une fatwa analogue, rapporte encore la presse arabe, aurait été promulguée par le président de la Commission des uléma musulmans en Iraq, Hârith al-Dhârî, qui, ayant constaté la carence de femmes non mariées, aurait déclaré licite le jihad du sexe même pour les femmes mariées.
C'est pour la même raison que Nâsir al-'Umar, prêcheur originaire du Qassim – une des régions les plus conservatrices de l'Arabie Saoudite – a émis tout d'abord une fatwa permettant aux combattants sunnites de s'unir même aux femmes shi'ites, puis une seconde fatwa permettant à un mujâhid d'épouser temporairement une femme « mahârim », c'est-à-dire une femme avec laquelle l'homme a un lien de sang, avec laquelle, donc, il ne pourrait selon le droit islamique contracter de mariage.

Ce qui surprend, c'est que le jihâd al-nikâh soit promu non seulement par les prédicateur sunnites, mais aussi dans les milieux shi'ites, où le jihad est généralement interdit du fait que pour eux, seul l'imam caché peut le déclarer. L'ayatollah 'Alî al-Sîstânî, la plus haute autorité de l'Islam shi'ite en Iraq, a promulgué à son tour une fatwa déclarant licite le jihad du mariage des femmes shi'ites avec les mujâhiddin shi'ites : « Durant le jihad, il est permis à nos combattants de s'entretenir avec les femmes jihadistes shi'ites avant d'aller au combat, ce qui leur donne de la force durant la bataille. Cette pratique religieuse permet à qui réalise ces actions méritoires, de s'approcher de son Seigneur ; nous exhortons donc les femmes à pratiquer le jihad du plaisir (jihâd al-mut'a), autrement dit « mariage du jihad » (nikâh al-jihâd), afin que nos valeureux combattants puissent se battre avec l'esprit libéré de la tentation et du désir sexuel ».

Toutes ces fatwas ont suscité naturellement l'indignation sur une vaste échelle de tout le monde sunnite. Abû Muhammad al-Maqdisî lui-même, l'idéologue des salafistes-jihadistes d'origine jordanienne, s'est déclaré contraire au jihad du sexe, contre lequel il a prononcé une fatwa. Pour lui, le jihad du sexe serait une distorsion de l'Islam et de la sharia opérée par des mécréants qui déformeraient la parole de Dieu pout éloigner les fidèles de la vraie religion. « La notion de jihad du sexe est une invention qui n'a aucun fondement ni parmi les gens de l'Islam en général, ni parmi les gens de l'unicité et du jihad en particulier. Dans l'abécédaire et dans le vocabulaire du courant salafiste jihadiste, il n'existe qu'une seule typologie de jihad : le « coup à la nuque », dharb al-riqâb, [expression coranique qui indique la mise à mort violente] pour les ennemis de la religion, et son corollaire, complément et renforcement : le jihad de la parole (jihâd al-lisân), qui vient après le jihad de l'épée (jihâd al-sinân) ».

L'idéologue explique que cette pratique ne fait pas partie de l'Islam ni de la sharia, et qu'elle équivaut à l'adultère (al-zina). De sorte que, selon lui, cette histoire de jihad du sexe serait « une invention des américains, des sionistes et des services secrets arabes pour défigurer l'Islam et les musulmans ». Sans compter – rappelle al-Maqdisî dans une lettre publiée sur Al-Quds al-'Arabî, journal indépendant dont le siège est à Londres – que « dans l'Islam, les mujâhiddin demandent comme épouses les houris, les jeunes filles du paradis. Qui désire les houris au paradis ne cherche pas une houri d'argile dans le monde terrestre », pour souligner que les jihadistes agissent en vue de ce qui les attend au paradis, au nom d'un idéal plus élevé qu'une femme sur la terre. Mais bien des militants de l'EILL semblent être d'un autre avis.



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lundi 10 novembre 2014

رؤساء الطوائف المسيحيّة والإسلاميّة أصدروا وثيقة مُؤتمر العائلة في الربوة : ننبّه إلى خطورة سقوط الدولة في ظلّ الإنهيارات الجارفة التي أطاحت بالنظام الإقليمي

رؤساء الطوائف المسيحيّة والإسلاميّة أصدروا وثيقة مُؤتمر العائلة في الربوة : ننبّه إلى خطورة سقوط الدولة في ظلّ الإنهيارات الجارفة التي أطاحت بالنظام الإقليمي
رؤساء الطوائف المسيحيّة والإسلاميّة أصدروا وثيقة مُؤتمر العائلة في الربوة : ننبّه إلى خطورة سقوط الدولة في ظلّ الإنهيارات الجارفة التي أطاحت بالنظام الإقليمي



اكد «مؤتمر العائلة وتحديات العصر في الشرق الاوسط» في وثيقته الختامية ان النموذج الذي أرساه لبنان في مجالات الحوار الحضاري، هو الرد العملي على التطرف»، معتبرا انه «لا بد من ايجاد أطر تواصلية وتضامنية بين مختلف المؤسسات الدينية والسياسية لتفعيل العمل الحواري». وشدد على «ان الفراغات الدستورية المتنامية التي يعيشها وطننا تستدعي مواقف وإعلانات مبدئية حازمة لجهة التنبه إلى خطورة سقوط الدولة في ظل الإنهيارات الجارفة التي أطاحت بالنظام الإقليمي، وان للاستحقاقات الدستورية أولوية حيوية في مجال حماية السلم الأهلي».
فقد اختتم «مؤتمر العائلة وتحديات العصر في الشرق الاوسط» الذي عقد في المركز البطريركي العالمي لحوار الحضارات -الربوة، اعماله بعد ظهر امس، وصدر عن المؤتمرين «وثيقة البيان الختامي للقاء الربوة» التي وقع عليها امين عام مجمع اساقفة العالم في الفاتيكان لورانزو بالديساري ورؤساء الطوائف المسيحية والاسلامية كافة.
وتلا الوثيقة المستشار البطريركي للشؤون العامة والمنسق العام للمؤتمر المونسنيور شربل حكيم وجاء فيها:
«بناء على دعوة المركز البطريركي العالمي لحوار الحضارات، عقد مؤتمر حول العائلة وتحديات العصر في الشرق الأوسط في الربوة، بحضور أمين عام مجمع أساقفة العالم الكاردينال لورانزو بالديساري، بمشاركة رؤساء الطوائف، رؤساء الكنائس الشرقية، رؤساء الطوائف الإسلامية، الذين وقعوا جميعا على هذه الوثيقة، كما شارك في المؤتمر رئيس مجلس الوزراء تمام سلام، وممثلو الفعاليات السياسية والمدنية.
وبناء على المداولات التي جرت يومي الجمعة والسبت الواقعين في 7 و 8 تشرين الثاني، صدرت هذه الوثيقة المرحلية:
لقد إنعقد مؤتمرنا إثر نهاية الأعمال التمهيدية التي قام بها السينودس الخاص بمفهوم العائلة وتحدياتها في العالم المعاصر، الذي دعا إليه البابا فرنسيس في الخامس من تشرين الأول 2014. تندرج مداخلتنا ضمن سياق هذه المرحلة الإعدادية وتتوخى بلورة خصوصية الواقع العائلي في منطقتنا، والتحديات العائدة له خصوصا وأننا نعيش في خضم أزمات وجودية تؤثر بشكل سلبي إن لم نقل مدمر، على تماسك البنية العائلية وسلامتها على غير مستوى.
لقد أصيبت كل حقوق العائلة في مندرجاتها المبدئية والتطبيقية، وبات الناس على إمتداد الرقعة الممتدة بين العراق وسوريا، وعلى التخوم الأردنية واللبنانية والفلسطينية والتركية أسرى لدوامات عنف، دمرت كل أسباب الإستقرار والكرامة البشرية بأبسط تعبيراتها وأسباب العيش بأدنى مستوياتها. وهذا ما نشهده كل يوم مع حركات النزوح التي باتت تتجاوز الأربعة ملايين نازح الذين فقدوا قراهم ومدنهم وموارد عيشهم ونقاط إرتكازهم المعنوية والحياتية، وباتوا رهائن للقوى العسكرية المتنازعة التي باتت تتحرك ضمن فضاءات وهوامش لا علاقة لها بأي من الأهداف السياسية المعلنة.
لقد دخلت المواجهات العسكرية في مرحلة العنف العدمي، الذي تنتفي معه التمييزات الفكرية والأخلاقية والسياسية، وتسقط المبررات أيا كانت.
فالعائلة التي نتحدث عنها اليوم، باتت في مهب النزاعات المتفلتة، وهذا ما نشهده وما تشهد عليه آلام ملايين المهجرين الهائمين داخل بلدانهم، وعلى التخوم المجاورة، مع كل ما رافق ذلك من مآس إنسانية، وزعزعة للاستقرار السياسي والإقتصادي والإجتماعي داخل دول الجوار، ومن تصاعد للتطرف السياسي والديني، وإغراق دول النزاع في دوامات صراعية مدمرة لكل ما تبقى من النسيج الأخلاقي والسياسي والإجتماعي والإقتصادي، والإرث البيئي والتاريخي فيها.
إن واقع التردي المتمادي إن دل على شيء، فعلى خروج واقعنا من الحد الأدنى المطلوب لجهة صيانة الشروط المنشئة والضامنة لكرامة الشخص البشري واحترامها. إن الحق الإنساني كل لا يتجزأ ولا يمكننا أن نتصرف به إنطلاقا من أي إعتبار. فكرامة الإنسان هي المعيار الأوحد الذي نقيس به صدقية الممارسات أيا كانت. المقلق في الأمر أن الكرامة البشرية قد أصيبت في الصميم وهنا مكمن القلق، عندما تفتقد مجتمعاتنا قدرة التبصر والتمييز في هذا المجال، أو الأسوأ من ذلك عندما تتحول الإستباحة قاعدة حياة.
تنعقد الوثيقة حول المحاور التالية:
1 - إن النموذج الذي أرساه لبنان في مجالات الحوار الحضاري في كل مندرجاته، هو الرد العملي على التطرف في كل أشكاله السياسية والدينية وما تستحثه من خروج على مبادئ حقوق الإنسان، واعتبارات دولة القانون، وما تفترضه من خيارات قيمية ودستورية ضامنة للسلم الأهلي والإقليمي.
لقد أمست التجربة الوطنية اللبنانية على الرغم من كل سقطاتها، رسالة في مجال تكريس الحريات الكيانية والحوار المسكوني بين الأديان، والخيارات الديمقراطية على اختلاف مستويات الحياة العامة. إن ما عبر عنه البابا يوحنا بولس الثاني قبل اعلان قداسته عندما وصف لبنان «بأنه أكثر من بلد، إنه رسالة» ، لم يكن من باب الأدبيات، بل تعبير عن قناعة عميقة تولدت عند معاينته المباشرة لمدلولات العيش المشترك في لبنان. هذا يعني بالتالي، اننا مدعوون بشكل مستمر للارتقاء إلى مستوى هذا الإرث القيمي الثمين، وأن نجعل منه منطلقا في حياتنا الوطنية، ومدخلا لمساهمة مباشرة في إرساء واقع إقليمي جديد قائم على احترام حقوق الإنسان، خصوصا لجهة تركيز مفاهيم دولة القانون والتعاون الإقليمي القائم على أساس الاعتراف والاحترام المتبادلين.
2 - إن الظروف البالغة الدقة، التي تعيشها العائلة في المنطقة وطبيعة الأزمات الوجودية والسياسية والأمنية وما يتأتى عنها من آثار مدمرة على المستويات الإنسانية والاقتصادية والاجتماعية تتطلب بناء مبادرات خلاقة في مجال تفعيل منطق التواصل على حساب منطق العنف المستشري، والعقلانية على حساب سياسات السيطرة والسيطرة المضادة. فلا بد من ايجاد أطر تواصلية وتضامنية بين مختلف المؤسسات الدينية والسياسية لتفعيل العمل الحواري، كأفضل سبيل لوضع حد للتفاعلات النزاعية على تنوع مداراتها، والتمهيد لصياغة حركة سلمية تدرجية تنقلنا من واقع المواجهات المفتوحة إلى حالة الحوار البناء غير المشروط، لوضع الأسس الفعلية لعملية العبور الى السلام الناجز، الذي يتطلب مساع حثيثة في مجال إعادة بناء الثقة بين الأطراف المتخاصمة، ومكافحة الإستبداد، واحترام حقوق الإنسان وكرامته، وإرساء قواعد العدالة الإنتقالية والترميمية، والسياسات الإنمائية والإعمارية، كأطر عملية ناظمة لمرحلة السلم.
3 - إن الفراغات الدستورية المتنامية التي يعيشها وطننا تستدعي مواقف وإعلانات مبدئية حازمة لجهة التنبه إلى خطورة سقوط الدولة في ظل الإنهيارات الجارفة التي أطاحت بالنظام الإقليمي، وفتحت المجال أمام تمدد مساحات الفوضى وما أدت إليه من تحول المدى الإقليمي إلى ساحة مواجهات بين سياسات نفوذ إقليمية متصادمة، وتيارات راديكالية أطاحت بكل الإعتبارات التي تنتظم على أساسها العلاقات الدولية. إن للاستحقاقات الدستورية أولوية حيوية في مجال حماية السلم الأهلي، والتأكيد على الاعتبارات الميثاقية، والحرص على تماسك بنية الدولة، والمساهمة في إعادة صياغة النظام الإقليمي على أسس أكثر ثباتا».
4 - إن للمؤسسات الدينية المتعددة، الإسلامية والمسيحية، دورا أساسيا في إيجاد المناخات التواصلية وتحفيز العمل التعاوني في مختلف مجالات التفاوض السياسي والإجتماعي والحؤول دون مصادرة الخطاب الديني من جماعات تسعى إلى تحويله أداة نزاعية وتشريعية لممارسات خارجة عن المنطلقات الروحية القائمة على الرحمة والعدالة والسلام والتخاطب الحر بين كل المجموعات الدينية. إن الكنائس الإقليمية المجتمعة، وبالتعاون مع الكرسي الرسولي والدبلوماسية الفاتيكانية، لن تألو جهدا في مجال تفعيل عمل دولي يساعد بشكل فعلي ومباشر في مجال تطوير الوساطات والآليات التفاوضية، التي تتوخى الخروج من واقع الإنهيارات المتنامي.
5 - إن المداخلة الكنسية في مجالات العمل الإنساني هي أساس، وعلينا أن نعمل على ربطها مع كل المبادرات الدولية والمدنية وذلك للتعاطي الفعلي مع المآسي الناشئة من واقع التهجير الجماعي وما تفرع عنه من تفكك للروابط العائلية والإجتماعية والإقتصادية، الضامنة للاستقرار الحياتي. إن تلازم العمل التفاوضي مع العمل الإنقاذي، أساس في مجال التخفيف من حدة الإنهيارات، وفقدان نقاط الإرتكاز المعنوية والحياتية لملايين البشر، الذين دفعت بهم الحرب إلى دروب التهجير. إن التعاون بين المؤسسات الكنسية والإسلامية في كل المجالات الإنقاذية من إيوائية وصحية وتربوية وبيئية، وفي مجالات المرافقة، أساسي للحؤول دون تنامي المآسي الإنسانية، والتخفيف من وطأتها، ومنع استثمارها من التيارات النزاعية، والتأهيل لمرحلة السلم الذي يجب أن يبقى الأفق الناظم لكل المبادرات المرحلية والأبعد مدى.
6 - لقد أدت النزاعات إلى انهيار كل الروابط السياسية والاجتماعية والأخلاقية، التي تحول دون بروز مسالك استباحية لحقوق الأفراد والجماعات. إن منطق الاستباحة الذي يلازم العنف، لم يترك فئة أو عائلة إلا وتطاول على أمنها وكرامتها وحقوقها الأساسية، وما ينشأ عنها من حرمات لا يستقيم من دونها مجتمع. فمن استغلال مآسي التهجير في مجالات العمالة المستعبدة، وعمالة الأولاد، والتجارة الجنسية وزواج القاصرات، والسبي، والسعي إلى الهجرة ونهب الممتلكات الخاصة، سلسلة من الأداءات التي تقضي على ما تبقى من ضوابط أخلاقية أساسية في مجال أي عمران إنساني. لقد وصلت الأمور إلى استباحة الأمن الوجودي للمسيحيين والمسلمين واليزيديين والأكراد، في كل من العراق وسوريا، فاقتلعوا أو يتعرضون حاليا إلى محاولات اقتلاع من مواطنهم التاريخية تحت وطأة التهديد بالإبادة والسبي والنهب المنهجي لممتلكاتهم. إن ضرورة تخريج مواقف واضحة في هذا المجال، يتطلب أداء يوميا ومواقف ثابتة لجهة التمسك بحقوق الإنسان وحرياته الأساسية، بما فيها الحرية الدينية والإدانة الصريحة لكل ما يستهدفها.
7 - نأمل أن يكون اجتماعنا منطلقا لصيغ تعاونية تمليها حركة الواقع وضروراته، وقناعتنا المبدئية بأنه لن يكون سلم ما لم تكن وراءه حركة لمواجهة العنف القائم باسم حقوق الانسان، والمقاربة العقلانية لحل النزاعات والقيم الروحية القائمة على الرحمة والعدالة والغفران والتضامن، والعمل الفعلي لإيجاد المناخات والاستعدادات والأطر المؤسسة للسلم، الذي ينبغي أن يوحد كل مساعينا. إن استعادة السلم الأهلي من خلال العودة إلى منطق التواصل السياسي العقلاني والراقي والواقعي، والمتحفز لكل عمل خير وعدالة، يضع حدا لهذا العنف الهمجي الذي أطاح بكل الاعتبارات الإنسانية والسياسية والمدنية الضامنة لاجتماع بشري يليق بكرامة الإنسان، ويشكل المدخل لحماية العائلة، التي تبقى الملجأ الأساس لحماية إنسانيتنا من كل تسيب يطاول البنيات الإجتماعية والسياسية.
لقد انطلقنا في هذا اللقاء من الظروف الوجودية البالغة الصعوبة، التي تعيشها العائلة، والتي تملي علينا مواقف وإعلانات ومبادرات تهدف إلى وقف العنف المتمادي والإنتقال إلى العمل السياسي المستند إلى خيارات أخلاقية وحقوقية إنسانية لا لبس فيها. نحن هنا في صدد التفكير والمبادرة باسم الحب، الذي يختصر دور العائلة، والذي يختصر كل الدروب، وهو أقصرها، عندما تصاب الإنسانية في منطقتنا وفي كل أرجاء الأرض، وهو الآن يسائلنا بإسم كل هذه العائلات الشريدة، فعسانا نلبي».

جلسات عمل
وكان تخلل المؤتمر امس جلسات عمل شاركت فيها شخصيات سياسية ودينية واجتماعية.
المحور الاول
وتناول المحور الاول موضوع «العائلة وواقع الاوضاع في الشرق الاوسط» وترأسه النائب البطريركي العام على ابرشية الجبة المارونية المطران مارون عمار الذي قال: «العائلة وواقع الأوضاع في الشرق الأوسط موضوع متشعب لا نستطيع أن نلم بكل أطرافه: عن أي عائلة نتكلم في الشرق الأوسط؟ إن وضع العائلة في لبنان الآن، مع تنوعه، غيره في سوريا حيث يسيطر النظام، وغيره في سوريا حيث تسيطر المعارضة المتطرفة، وهكذا في العراق، وهكذا في الكثير من بلدان الشرق الأوسط. ولكن القاسم المشترك لكل هذه الظروف هو عدم الإستقرار الإقتصادي والأمني، وتعدد الإنتماءات الدينية، والسياسية، والإتنية، وكل هذه الأمور تشكل تحديا كبيرا للإستقرار العائلي الذي يجب أن يشكل خلية المجتمع الأساسية من الناحية السياسية بكل أبعادها، ومن الناحية الدينية بكل انتماءاتها».
وقدم الكاردينال بالديساري المداخلة الاولى بعنوان «أصداء سينودس العائلة في الفاتيكان (تشرين الاول 2014). الذي قال: «يتصور عدد من المعلقين رؤية الكنيسة تعيش نزاعا حيث يتعارض طرف مع آخر، يصل إلى الشك بوجود الروح القدس، هو المروج الحقيقي والضامن للوحدة والانسجام في الكنيسة».
وأشار إلى أن «الحبر الأعظم شدد على هذه النقطة في الخطاب الذي أدلاه في 6 تشرين الأول وتكمن مهمة البابا في ضمان وحدة الكنيسة وتذكير الرعاة أن واجبهم الأول هو، بطبيعة الحال، حماية القطيع الذي أوكله الله إليهم، ولكن أيضا البحث عن الخروف الضال».
ثم حاضر النائب فريد الياس الخازن عن «تأثير الوضع الاقليمي وتحدياته وسبل حماية العائلة بين رجال الدين وأهل السياسة»، وقال: «في العالم العربي وصلت الحركات الإسلامية في السنوات الأخيرة إلى الحكم. انه زمن الإقصاء والاستقواء بالدين. الأديان شهدت مراحل تداخل فيها العنف بالمقدس باسم السلطة المنبثقة من الدين أو من الحكام الطغاة، إلا أنها أزمنة ولت في الغرب والشرق وهي الآن تعود بقوة واندفاع في العالم العربي والإسلامي».
وقدم النائب جورج عدوان المداخلة الثالثة بعنوان «مكان العيش المشترك ومكانته في خريطة الشرق الاوسط الجديد»، مؤكدا ان «العيش المشترك يقوم على الحوار الدائم والاحترام المتبادل وعلى قبول الآخر المختلف دينيا أو مذهبيا أو ثقافيا، وعلى العيش معا وعلى احترام قناعات وخصوصية شعائر وشرائع كل طرف وعلى ممارسة الحوار كأداة لبناء الثقة ولإقامة علاقات الصداقة والاحترام مع احترام حدود المغايرة والاختلاف».

المحور الثاني
وفي المحور الثاني الذي كان بعنوان «المجتمع بين التعصب والاعتدال»، ترأس الجلسة عضو الهيئة الادارية في اللجنة الاسقفية للعائلة والحياة جورج عزو الذي قال: «إن التهديد الاكبر يأتي عندما تتشكل مجموعات متطرفة تحت اسماء مختلفة تأتي لتسيء الى كرامة الإنسان بكل ابعادها «.
وكانت مداخلة للامين العام للجنة الحوار الاسلامي المسيحي محمد السماك عن «سبل مواجهة التطرف الديني والحد من خطر الارهاب». وقال: «لم تسمم الحركات الارهابية العلاقات بين الدول ولكنها سممت العقول. العلاقات بين الدول تسوى وتصحح، ولكن صناعة العقول على الكراهية والعدوانية والرفض الالغائي للآخر أمر آخر».
وقدم رئيس أساقفة اللاذقية المارونية المطران الياس سليمان مداخلة بعنوان «الحراك الفاتيكاني لدعم الوجود المسيحي والحوار». فدان «الانتهاكات الخطيرة التي قامت بها الدولة الإسلامية المعلنة في العراق وسوريا». ودعا «كل رجال الدين في كل أنحاء العالم، إلى لعب دور حاسم في التشجيع على الحوار بين الأديان والثقافات، وإلى استنكار سريع لكل تشريع العنف من قبل الدين».
وحاضر النائب غسان مخيبر عن «العائلة بين القوانين الكنسية والمدنية واحترام شرعة حقوق العائلة، وقال: «في مواجهة التعصب والإرهاب يفترض ان يسود القانون المرتكز الى حقوق الانسان والى ذراع الدولة المدنية الديمقراطية القادرة والفاعلة في اطار تعاون دولي جاد وفاعل».
والقى رئيس قسم الترشيد والتوعية الأسرية في دائرة التبليغ الديني في المجلس الإسلامي الشيعي الأعلى الشيخ الدكتور محمد حجازي مداخلة اعتبر فيها ان «لبنان يمثل بجغرافيته وديمغرافيته وتاريخه نموذجا استثنائيا في التراث الإنساني، وهذه النموذجية تتوالد من القراءات الروحية والسماوية للأديان، وليس على أساس الإجتهادات البشرية التي تأتي في مرحلة متأخرة».

المحور الثالث
وفي المحور الثالث، ترأست مديرة الوكالة الوطنية للاعلام السيدة لور سليمان الجلسة بعنوان «ثورة التكنولوجيا وانعكاساتها على العائلة».
وقدم المطران مارون لحام ممثلا بطريرك اللاتين في القدس فؤاد الطوال المداخلة الاولى عن «أصداء تأثير وسائل الاعلام على أفراد العائلة وتعزيز الحوار»، مؤكدا انه «من المستحيل العودة إلى الوراء وتجاهل سلطة وسائل الاتصال الحديثة». ورأى «ان الحل هو في التربية، في الوعي، في الحكمة، في الحوار الهادىء والهادف مع الجيل الجديد».
وتحدثت المستشارة في المجلس الحبري في الفاتيكان للعلمانيين والاديان مارغريت بيترز عن «تصويب المفاهيم الاساسية الجديدة للزواج والعائلة». ورأت «ان الثورة الثقافية شوهت الغرب وهويته وأفسدت جوهر قيم الحرية العالمية والمساواة والتنمية المتكاملة والحقوق وسيادة القانون وجعلتها متناقضة، في حين كان الغرب مسؤول عن تعزيزها في العالم والتي يرغب غالبية الشباب في جميع أنحاء العالم أن ينعموا بها».

المحور الرابع
وفي المحور الرابع، ترأس الجلسة مدير عام تلفزيون لبنان رئيس مجلس الادارة طلال مقدسي بعنوان «العائلة وثقافة الحياة».
وقدم الوزير السابق مروان شربل مداخلة بعنوان «ديموقراطية العنف وضياع الفضائل في مسارب السياسات الضيقة»، اعتبر فيها «ان العائلة اللبنانية التي شكلت نموذجا للمجتمعات المشرقية والمغربية باتت اليوم تختبر مرارة فقدان معنى تأسيسها وقيمها بفعل الانتهاكات والانحرافات والتحديات التي تواجهها باستمرار جراء الحروب والهجرة والفقر وتداعيات النزوح الكثيف للسوريين باعداد تفوق قدرة البلد».
اما المداخلة الثانية فكانت بعنوان «مسيرة الكنائس في الشرق الاوسط نحو السينودس في الفاتيكان»، حاضر فيها مطران لودي وامين عام مجمع الكنائس الشرقية في الفاتيكان المطران ماوريزيو مالفستيتي الذي قال: «ننطلق من السينودس من أجل لبنان، مشددين على أن مبادئه التوجيهية تنطبق أيضا على الشرق الأوسط بأكمله وليس ذلك لأن لهذا البلد، الذي يستضيفنا، امتياز غير مستحق، ولكن لأنه انعكاس له وشبه عالم مصغر، لأنه عرف بأنه «فسيفساء ورسالة» لعالم الشرق كله. كرسالة للتعايش وفسيفساء الشرق».
وقدم رئيس اللجنة الاسقفية للعائلة والحياة في مجلس البطاركة والاساقفة الكاثوليك ومنسق لجان العائلة في الشرق الاوسط المطران انطوان نبيل العنداري مداخلة عن «العائلة وأخلاقيات الحياة». وقال: «أصبح السؤال: أي بشرية نحن في صدد إنشائها؟» أضاف: «إن عالم أخلاقيات الحياة يطرح أسئلة عديدة في عالم الأخلاقية المهنية للأطباء والباحثين كما يطرح على الأديان وضمير الإنسانية مسائل الرعاية الصحية ونوعية الحياة ومسألة الحقوق والواجبات».

البطريرك لحام
وكانت كلمة الختام لبطريرك انطاكيا وسائر المشرق والاسكندرية واورشليم للروم الملكيين الكاثوليك غريغوريوس الثالث لحام، شكر فيها الذين عملوا على تهيئة المؤتمر والمشاركين، وقال: نحيي عائلاتنا المباركة في مشرقنا العربي، بداية من لبنان الرسالة وفي سورية والعراق والأردن ومصر والشرق الأوسط عامة، مهد المسيحية والديانات والحضارات».
أضاف:نأمل أن تكون أعمال هذا المؤتمر والتوصيات الصادرة عنه، أداة عمل لتهيئة سينودس روما للعام القادم 2015، الذي سيعالج مع التحديات دور الأسرة في الكنيسة والمجتمع. وأملنا كبير أن أبرشياتنا ستعالج موضوع الأسرة في الرعايا، بحيث نساهم في تهيئة تقارير ترفع أيضا إلى سينودس روما. كما أننا من هذا المؤتمر نشكر جميع المؤسسات العالمية والمحلية التي تساند عائلات النازحين والمهجرين من ديارهم من سورية والعراق، ومنهم عدد كبير في لبنان المضياف الحبيب».
وتابع: «كلنا مدركون كم من الويلات ستجر هذه الحروب على الأسرة العربية المشرقية. من ذلك أخطار الترهيب والتعذيب والقتل والإعدام والاغتصاب والصلب والنزوح القسري المفاجىء، ومنظر المهجرين والجائعين والمشردين والعراة... والذين بلا مأوى ولا مدرسة ولا جار ولا صديق ولا لغة تفاهم... هذه الأمور تؤثر سلبيا ونفسيا وعاطفيا على نفوس ومشاعر الأطفال والأسر والمجموعات، وتنشر في ما بينهم عواطف العنف والإرهاب والأخذ بالثأر والبغض والكراهية... وتجعلهم خطرا على مجتمعهم. ولذلك لا بد من التفكير حول قيام مشاريع صغيرة وسواها متنوعة بروح خلاقة، لكي نستجيب للحاجات الجديدة التي تواجه الأسرة بجميع أفرادها، لا سيما الأطفال».
وختم:نصلي لأجل عائلاتنا لكي تبقى منارة للايمان بالرغم من الظلمات التي تجتاح الأسر عندما يدخل إلى معابدها الشر والخطيئة. ونأمل أن تعمل كنائسنا ومجتمعاتنا المدنية على متابعة توصيات هذا المؤتمر لأجل خير عائلاتنا ومجتمعنا اللبناني ومجتمعاتنا العربية».
وسلم حكيم البطريرك لحام والعنداري ومالفستيتي دروعا تكريمية «تقديرا لجهودهم في إنجاح المؤتمر».





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dimanche 2 novembre 2014

Rula Ghani, ou le multiculturalisme comme antidote à la violence - L'Orient-Le Jour

Rula Ghani, ou le multiculturalisme comme antidote à la violence - L'Orient-Le Jour
Rula Ghani, ou le multiculturalisme comme antidote à la violence

Libanaise d'origine, chrétienne d'héritage, marquée par mai 68, ses années à Paris et aux États-Unis, et critique du voile intégral, la nouvelle Première dame d'Afghanistan Rula Ghani souhaite mettre en avant ses identités multiples pour jouer un rôle actif dans un pays miné par 35 ans de guerre, confie-t-elle dans un entretien à l'AFP.
« Il y a deux façons de réagir », estime-t-elle, lorsqu'on possède plusieurs identités. « Une façon est de choisir une seule identité et de s'y accrocher, et une autre est d'embrasser toutes les identités, d'essayer de profiter de l'apport de chaque identité », assure-t-elle en citant le classique d'Amin Maalouf Les identités meurtrières. « Je préfère la seconde alternative parce que la première, en fait d'après Amin Maalouf, c'est vraiment aller à l'encontre des autres identités, dont ça devient une possibilité de violence contre les autres identités », affirme l'épouse d'Ashraf Ghani, ex-cadre de la Banque mondiale qui a succédé fin septembre à Hamid Karzaï à la tête de l'Afghanistan.

Pour mieux souligner ses propos, cette ancienne étudiante à Sciences po Paris, qui s'exprime dans un français parfait malgré 30 années passées aux États-Unis, explique : « J'ai une identité française, mais ça ne veut pas dire que j'utiliserai le français tout le temps. »
En mai 1968 à Paris, elle se souvient d'avoir été au cœur du bouleversement. Une expérience qui l'a marquée, même si elle n'a pas participé directement au mouvement aux côtés de ses camarades français. « J'ai trouvé ça très rafraîchissant de voir les gens décider qu'il y a certaines choses qu'ils voulaient et certaines choses qu'ils ne voulaient pas. Donc de faire preuve d'une certaine indépendance d'esprit », se rappelle-t-elle. Prendre la parole en tant que Première dame, d'origine étrangère et de religion chrétienne, est preuve d'audace dans ce pays conservateur où le droit des femmes demeure fragile malgré des progrès enregistrés au cours de la dernière décennie.

C'est ce qu'elle fait en approuvant la loi française qui condamne le port du voile intégral dans l'espace public, mais autorise le foulard qui laisse le visage à découvert. « En ce qui concerne la politique française contre le niqab et la burqa qui empêchent la femme de pouvoir se déplacer en pouvant voir parce que le niqab, c'est un peu comme des œillères, je suis tout à fait d'accord avec le gouvernement français », dit-elle. Mais elle nuance son propos en ajoutant que « si jamais la personne veut porter un foulard, veut porter de longs habits, veut se couvrir jusqu'aux chevilles, jusqu'aux poignets, (...) ça a certainement dans ce cas-là une raison religieuse, mais c'est quelque chose avec lequel les gens peuvent vivre, ce n'est pas du tout offusquant, ce n'est pas gênant ». De son éducation française, elle a gardé « une façon de penser, très logique, très cartésienne », assure-t-elle. De son bref passage au bureau de l'Agence France-Presse (AFP) de Beyrouth, au début des années 1970, elle se souvient d'avoir appris la rigueur, la rapidité, la précision.

« Plus de "visibilité" »
En Afghanistan, l'un des pays musulmans les plus traditionalistes, son identité chrétienne a été critiquée pendant la campagne électorale de son mari. « Je pense que cette phase est terminée », assure-t-elle en précisant qu'elle ne va pas aller à l'encontre des traditions de son pays d'adoption. À 66 ans, Rula Ghani, surnommée affectueusement « Bibi Gul » par son mari, n'entend pas pour autant rester enfermée derrière les murs du palais présidentiel. Elle a déjà brisé quelques tabous en faisant campagne aux côtés de son mari plus tôt cette année lors de la campagne électorale, prononçant elle-même au moins un discours devant ses partisans. Elle espère plus de « visibilité » que Zeenat Karzaï, l'épouse de l'ancien président Hamir Karzaï, qui est restée très discrète pendant le règne de son mari, au pouvoir de la chute des talibans fin 2001 à septembre dernier.


Mais un mois après l'investiture de son mari, Mme Ghani travaille encore à définir les contours de son rôle. « C'est un rôle tout à fait important d'être Première dame d'un pays. Je trouve que c'est une responsabilité », reconnaît-elle. « Je ne suis pas encore sûre aujourd'hui du rôle que je vais jouer », ajoute Mme Ghani. Mais le président Ghani, qui lui a rendu hommage dans son discours d'investiture, a déjà « donné le ton », explique la Première dame. Elle aura aux côtés du président, quoi qu'il arrive, un rôle actif. « En faisant cela, il a montré en tant qu'homme qu'il respecte sa femme et qu'il apprécie son rôle », poursuit Mme Ghani, bien consciente que le droit des femmes en Afghanistan devrait pouvoir encore s'améliorer. « J'ai espoir qu'après son mandat de cinq ans, les hommes en Afghanistan seront plus enclins à reconnaître le rôle de leurs femmes, leurs filles, leurs sœurs. »

Emmanuel PARISSE, Issam AHMED

 

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jeudi 30 octobre 2014

Pour une "apologie nouvelle" de la famille


Trois initiatives de l'Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille

Anita Bourdin

ROME, 29 octobre 2014 (Zenit.org) - Il est urgent d'élaborer une « véritable et nouvelle apologie pour la famille », estime Mgr Melina, qui annonce trois initiatives de l'Institut Jean-Paul II de Rome.

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a inauguré la 34e année académique de  l'Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille à Rome, mercredi matin, 27 octobre, sur le thème « l'Evangile de la famille » à l'invitation du recteur, Mgr Livio Melina, en présence du cardinal australien George Pell, préfet du Secrétariat du Vatican pour l'économie, et du recteur de l'Université pontificale du Latran, Mgr Enrico Dal Covolo : l'institut se trouve au cœur de l'université.

Trois initiatives

Mgr Melina a annoncé trois initiatives de l'Institut Jean-Paul II, entre les deux synodes sur la famille : un séminaire sur cohabitation et éducation ("Convivenze o alleanza? Il cammino verso il 'per sempre' dell'amore"), du 9 au 13 février 2015 ;

une conférence publique le 12 mars sur les « biens du mariage comme biens de justice » ("Matrimonio: amore e/o giustizia") ;

et un colloque de théologie sacramentelle sur « sacrement du mariage et eucharistie », le 22 avril 2015 ("Eucaristia e matrimonio. Due sacramenti, un'alleanza").

Mgr Melina a souligné une seconde circonstance heureuse de cette nouvelle année académique : elle se situe après la « joie de la canonisation de saint Jean-Paul II qui a voulu cet institut dont nous portons le nom ».

Il a fait observer « l'unité des deux événements » - synodes et canonisations -, comme le pape François le soulignait dans son homélie du 27 avril : le nouveau saint a voulu qu'on se souvienne de lui comme du « pape de la famille » et « du ciel il accompagnera le chemin synodal de l'Eglise » pendant ces deux années.

Mais il a aussi placé le travail de cette nouvelle année sous le signe de ce que le pape appelle dans Evangelii Gaudium la « conversion pastorale et missionnaire » qui consiste notamment pour cet institut à « re-proposer à partir de l'identité académique spécifique la Bonne Nouvelle de la famille ».

Car celle-ci se trouve « au cœur des désirs et des préoccupations de toute femme et tout homme ». La famille est le lieu où « la  vie se régénère continuellement » et où se construisent « les relations les plus décisives pour « l'identité » de chacun, c'est une « matrice sociale », en même temps que, pour les chrétiens, une « petite Eglise domestique », selon les termes de Vatican II.

Une apologie de la famille

Il s'agit aussi d'un « défi » qui ne peut ignorer « les nouveaux dangers qui menacent la famille, rendue fragile », par exemple par « l'émigration forcée », la misère, les « échecs de la vie », l'avortement, le divorce, la contraception, la reproduction artificielle, le « pansexualisme » ou l'idéologie du gender.

Mgr Melina a rappelé la définition du mariage comme « pacte d'alliance entre un homme et une femme, basé sur fidélité » et visant « l'engendrement et l'éducation des enfants ».

Parmi les défis, le recteur indique l'annonce de « l'Evangile du Christ comme « une espérance concrète », la manifestation de la proximité de l'Eglise « aux familles blessées », « aux hommes et aux femmes confus et incertains » qui « attendent une parole de vérité pour leur vie ».

C'est pourquoi il estime qu'il est temps d'élaborer une « véritable et nouvelle apologie pour la famille », dans cet institut que « le pape de la famille a voulu ». Il indique « le critère fondamental » des interventions et des initiatives de l'institut : il faut se demander ce « qu'aurait fait, ou dit, saint Jean-Paul II dans cette situation ? Qu'est-ce qu'il aurait voulu que nous fassions et que nous disions ? »

« Son enseignement n'appartient pas au passé, mais c'est une vérité permanente encore à connaître, assimiler, vérifier, une vérité prophétique, riche pour l'avenir ».

Il a rappelé certaines initiatives concrètes comme un  village pour les familles en difficulté, à Santiago du Chili, le « Family friendly » de Denver (EE UU), les bureaux de pastorale de la famille en Italie et en Espagne, l'école pour opérateurs familiaux de Corée, un projet en Inde, un plan d'éducation à la sexualité au Nigeria…

« Vraiment saint Jean-Paul II a donné à l'Eglise une vision et un langage nouveau, comme le dit le pape François, et une « attitude évangélisatrice qui éveille l'adhésion du cœur avec la proximité, l'amour et le témoignage » (EG 42).

La « difficile question du rapport entre foi et sacrement du mariage », sur laquelle l'institut a planché à la demande de la Congrégation pour la doctrine de la foi et de Benoît XVI, fera donc l'objet d'un séminaire international de deux jours : « dans la perspective de la miséricorde, principe pastoral de l'Eglise ». Il s'agira non d'une « discussion seulement formelle », mais « d'affronter la question avec franchise », car « ce n'est qu'en alliance avec la vérité et la justice que la miséricorde ouvre des itinéraires de croissance pour les personnes ».

Plus de trois mille étudiants

Pour ce qui est du rayonnement de l'Institut Jean-Paul II, le recteur a donné les statistiques de 2013-2014 : à Rome, le nombre des étudiants a été de 524, de 63 pays différents.

Le nombre total des étudiants inscrits dans les autres sections - Washington, Mexique, Espagne, Bénin, Brésil,  Inde, Australie, Liban, Corée,  Philippines – a été de 2553. En tout donc, l'Institut a formé plus de trois mille étudiants l'an dernier, sur les cinq continents.

Avant même le début de la cérémonie, Mgr Melina a lu un message du cardinal vicaire du pape pour Rome, Agostino Vallini, grand chancelier de l'Institut Jean-Paul II, mais retenu par une réunion épiscopale. Il réaffirme que la famille est « une urgence pour l'Eglise » : il s'agit de faire connaître « ce que dit la révélation sur la beauté du mariage et de la famille », et de « faire percevoir que le mariage correspond aux exigences du cœur humain » qui désire une alliance « pour toujours ».

Le mariage et la famille sont donc une « bonne nouvelle qui doit résonner dans le monde », de façon à faire découvrir aussi « le don de soi » comme étant ce qui donne « le sens le plus profond d'une existence ».

Mgr Del Covolo a rappelé en souriant que l'Université du Latran et l'institut vivent « sous le même toit » et « en bons voisins ». Il a insisté sur l'importance de cette période « inter-synodale » et réaffirmé l'engagement de son université à « réfléchir et prier pour accompagner » ce chemin de l'Eglise, avec un « grand enthousiasme », dans la réflexion et la prière « pour nous ouvrir à la voix de l'Esprit Saint ».